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La Mairie

L’histoire d’un bâtiment au destin mouvementé, successivement asile de pauvres, école de filles, puis école mixte et enfin mairie


Mairie frontonQuelle est donc cette étrange Mairie, dont les anciens se souviennent encore comme de leur école communale et qui porte une croix à son sommet et sur son fronton l’inscription « Asile d’Aligre » surmonté d’un blason ? Asile, école ou Mairie ? En fait, elle fut les trois au fil d’une longue histoire.

Il faut savoir que dans les années 1840, Le Favril disposait d’une petite école mixte et d’une minuscule Mairie, toutes deux situées dans une modeste longère à l’entrée de la route du Crocq.
L’histoire du bâtiment actuel commence donc en 1847 à la mort du marquis Etienne Jean-François d’Aligre. Auparavant, cet homme immensément riche (sans doute une des dix plus grandes fortunes de France) avait légué à la commune du Favril la somme de 100 000 francs, ainsi que les revenus à recueillir sur divers bois et baliveaux. Connu pour sa très grande générosité, cet homme qui avait fondé de nombreux hospices et asiles de pauvres dans diverses régions, désirait honorer ainsi Le Favril, considéré comme le berceau de sa lignée ancestrale. Seules conditions quant à l’emploi de l’argent : « faire construire une Maison de sœurs pour les pauvres malades, avec annexe d’école pour les jeunes filles ». Et que « le lieu porte mon nom gravé sur une pierre placée à l’extérieur ».

Le temps de la construction

ALIGRE L’affaire traîne ensuite quelques années, car certains membres de la famille d’Aligre contestent les dispositions concernant notamment le don des baliveaux. Le Favril plaide, va en appel, et, quand tout est finalement réglé, on hésite encore pour savoir où sera érigée cette construction. Certains tiennent pour la place de l’église. Mais finalement, considérant sa fonction d’école, on choisit l’emplacement actuel, estimé comme « le plus central par rapport à l’ensemble des hameaux ».
Mais là, ultime problème, la municipalité ne dispose d’aucun terrain. Heureusement la situation est rapidement débloquée par une nouvelle largesse des Aligre. Le marquis Pomereu d’Aligre fait don d’une pièce de terre d’un demi-hectare qu’il possédait à cet endroit.
Vient alors le temps des devis, souvent extraordinairement tatillons : « La pierre de taille proviendra des meilleures carrières de Berchères / Les briques et les carreaux employés proviendront des meilleures chaufourneries de Chartres / La chaux viendra de Senonches pour la chaux hydraulique et du pays pour l’ordinaire / Le ciment sera réduit en poudre fine provenant de tuiles et de briques pulvérisées / Tous les bois neufs seront de bonne nature, secs, sans nœuds vicieux, aubiers ni flaches de sciage / etc. ». Vue son importance, le chantier est divisé entre plusieurs entrepreneurs. L’entreprise Gibierge se charge du bâtiment principal pour la somme de 20 384 francs. Puis, viennent s’ajouter trois autres devis : pour le mur d’enceinte (3 280 francs), pour le nivellement du terrain et le creusement d’un puits (1 600 francs) et, enfin, pour la construction des communs - préau, cabinets, buanderie, etc. - (7 800 francs).
Finalement, la réception définitive des travaux a lieu en août 1869. La rentrée de septembre est assurée !

Le temps de l’Asile

À quoi ressemble donc cet asile ? Quatre pièces au rez-de-chaussée. La première est une « classe pour quarante jeunes filles ». Les trois autres abritent respectivement un parloir, une cuisine et une salle à manger. À l’étage, on trouve une lingerie et trois chambres destinées à deux sœurs de l’ordre de Saint-Paul, l’une assurant les soins aux malades et l’autre étant responsable de la classe.
À la rentrée de 1869, toutes les filles quittent donc la vieille école mixte de la route du Crocq qui, de ce fait, devient « école des garçons » et le restera jusqu’en 1923. Et les bonnes sœurs s’installent dans les meubles fournis par le Bureau de Bienfaisance, dont on possède encore l’inventaire détaillé. Ce qui nous permet de savoir qu’elles disposent, entre autres, de deux lits en fer, d’un Christ en plastique et de tous les ustensiles de cuisine et de ménage nécessaires.
Mais, l’inventaire donne également une vision assez précise de cette classe où se trouvent « 7 tables avec leurs bancs, 10 bancs portatifs, 2 tableaux noirs, 1 tableau du système métrique, 1 globe terrestre, 1 planisphère (en mauvais état), 4 cartes murales (d’Europe, de France, du département et de la Palestine) ». Et enfin, comme dans toutes les bonnes écoles chrétiennes, on y trouve aussi « 1 règlement des écoles, 1 crucifix, 1 statue de la Sainte Vierge et 1 statue de Saint Joseph ».

Le temps de l’école mixte et de la mairie

ECOLE 1926

Les archives de la mairie n’offrent que peu d’informations sur ce passage des bonnes sœurs. À peine relève-t-on quelques noms, comme celui de cette Sœur Marie-Ange, institutrice en 1903. Mais, on ignore tout de leur départ, sans doute consécutif à la loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905.
C’est le temps de l’ultime changement. Après avoir obtenu l’autorisation des derniers descendants d’Aligre qui se disent « heureux que la fondation faite par notre arrière grand-père dans l’intérêt des pauvres puisse servir à éviter au Favril de nouvelles dépenses », le Conseil Municipal décide en avril 1923 d’y installer l’école mixte, le logement des maîtres et la Mairie. La délibération précise même que « la classe pourra recevoir le nombre total des enfants, que la mairie sera installée dans une pièce au premier étage et que les locaux destinés au logement des maîtres sont sains, suffisants et aérés ».
En fait, les enfants des deux sexes réunis y seront sans doute un peu à l’étroit, puisqu’en 1932 le bâtiment primitif sera augmenté d’une aile latérale pour y abriter de nouvelles classes et un logement supplémentaire (emplacements aujourd’hui occupés par la salle polyvalente). C’est cette situation qui perdurera jusqu’au début des années 80, quand l’école partira s’installer sur l’autre rive de l’Eure, à l’issue du regroupement pédagogique entre Le Favril et Pontgouin.

Désormais, le bâtiment entièrement rénové dans les années 2010 abrite définitivement la Mairie et le CCAS, ce lointain descendant du Bureau de Bienfaisance.



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